Micheline PRAHECQ, Conseillère générale

Les effets négatifs de la politique sociale du Conseil Général

Le par

Le batiment du Conseil GénéralVoici l’intervention que j’ai faite ce jeudi matin, en séance d’ouverture de la session de juin du Conseil Général :

J’ai souvent eu l’occasion de m’inquiéter ici de la vision comptable de l’action sociale.

Je pense à un certain nombre de décisions concernant l’allocation personnalisée d’autonomie, la prévention spécialisée, l’accueil des mineurs isolés étrangers, le contrôle social solidaire, les associations chargées du domaine de la santé, le lieu d’accueil des femmes victimes de violences ou le café social, les postes d’infirmières dans les établissements médico-sociaux. S’ajoutent plus récemment le suivi social dans le cadre de l’hébergement d’urgence et les transports scolaires.
Sur tous ces points j’interviendrai à nouveau au cours de la discussion, je les prends à titre d’exemple de la politique que vous menez.

Oui l’action sociale coûte très cher et oui elle correspond environ à la moitié du budget.
Oui il y a des difficultés financières.
Nous sommes aussi conscients que vous des limites budgétaires et de la baisse de l’aide de l’État.
C’est pour cela qu’il faut faire des choix dans les actions à mener

La politique, c’est un arbitrage permanent et précisément je ne suis pas d’accord avec les arbitrages que vous prenez actuellement.

Ceci étant dit :
Des hommes et des femmes, des jeunes d’ici et d’ailleurs sont en extrême difficulté.

Les besoins humains accentués par la crise sont en progression rapide, il n’y a qu’à voir le nombre de repas supplémentaires servis par le relais orléanais, où la collecte supplémentaire rendue indispensable pour la banque alimentaire.
A cela s’ajoute beaucoup de jeunes dans la rue, des femmes victimes de violence et de plus en plus de personnes mal-logées.

Face à cela votre réponse se résume aux points suivants :
C’est de la compétence de l’État, donc nous nous retirons !
Est-ce que c’est obligatoire ? Non, alors on peut supprimer !

Quelles sont les conséquences de cette politique ?

Suite à la fin du contrat jeune majeur combien de jeunes sont concernés ?
Combien à partir du 1er juillet n’ont plus rien ?
Vous saviez qu’exiger un certificat médical relatif au virus Ebola ne serait pas accepté par l’Etat, pourquoi l’avez-vous fait dans l’arrêté du 7 avril ?

Je constate que votre réactivité dans certains domaines est remarquable et que vous avez pris un nouvel arrêté le 3 juin date à laquelle vous avez retiré le précédent.
Par contre il n’échappe à personne que cet arrêté pris pour un mois est le précurseur de bien d’autres qui seront pris de mois en mois, en particulier cet été.

Ne serait-ce pas pour éviter tout recours en illégalité ?

Avec ces mesures, je constate qu’au lieu de permettre à des jeunes d’aller vers une insertion possible vous les pénalisez lourdement en les renvoyant dans la rue.

Cette politique se répercute sur les associations chargées de ces publics qui ne peuvent plus faire face malgré des trésors d’ingéniosité d’autant plus que vous supprimez brutalement, unilatéralement le financement de postes d’infirmières qui figurent pourtant dans les conventions que vous avez signées.

Cette décision, qui plus est rétroactive, est insupportable au sens propre du terme par les associations. Quel accompagnement sera assuré aux personnes suivies ?
Il est indispensable de revoir cette décision rapidement.
Vous exportez vers les associations des problèmes et vous les amenez à licencier.

Je pense également que vos différentes décisions mettent mal à l’aise le personnel du Conseil général qui est amené à prendre des décisions bien peu sociales.

Je répète, votre seul argument est de renvoyer vers l’État. Je pense par exemple à une des dernières délibérations de la commission d’action sociale dont le titre est tout simplement « redonner à l’État ses compétences ».

Pourquoi au contraire ne pas faire des choix plus orientés vers les plus fragiles

Ceci n’exclut pas qu’au niveau national vous interveniez pour faire bouger les lignes mais en abandonnant les plus fragiles vous accentuez la précarité pour des habitants du Loiret.

Je suis de plus en plus mal à l’aise de voir le Conseil général qui fait payer aux plus en difficulté la haine que vous portez à ce gouvernement et votre difficulté à être dans l’opposition.

Nous avons parfois voté certaines mesures mais nous l’avons fait sous condition
Je vous rappelle que nous avions mis les conditions de ressources pour les transports scolaires.
Pour l’allocation d’insertion pour les jeunes, nous avons émis beaucoup de réserves

M. le président, il faut trouver une autre orientation de politique sociale. Il faut prendre en compte la prévention ; supprimer des financements est une politique à court terme et vos services retrouveront les mêmes personnes encore plus en difficulté.

Nous sommes tous garants de la bonne utilisation de l’argent public. Mais à dépense égale il faut faire les bons choix.

Souvenez-vous que j’avais fait remarquer qu’il aurait mieux valu, pour être sûr que l’argent public soit bien utilisé en matière d’APA et de RSA créer des postes de travailleurs sociaux plutôt que de contrôleurs.
Les premiers veilleraient, a priori, à l’effectivité du plan d’aide, alors que les seconds ne peuvent que constater les indus ou les fraudes.

Il est souvent inutile que nous fassions des propositions – d’emblée vous les trouvez mauvaises – malgré tout je vous en fais une : nous réunir tous, je dis bien tous ceux qui le souhaitent, afin que nous cherchions où faire des économies afin d’être mieux à même de répondre aux besoins essentiels de nos concitoyens.

Cette intervention M. le président est un cri et je vous rappelle qu’au-delà de l’analyse que je fais de la situation, il y a des questions précises auxquelles je souhaite une réponse :

1. Combien de jeunes sont touchés par la fin du contrat jeune majeur ?
2. Combien de jeunes ont touché l’allocation d’insertion ?
3. Comment gérer les difficultés transférées aux associations par le Conseil général. ?
4. Allez-vous revenir sur la décision de supprimer les postes médicaux et paramédicaux ?
5. Pourquoi cette nouvelle technique de l’arrêté mensuel ?

En fait, Monsieur le président, je voudrais que vous puissiez nous dire quel est votre projet social global pour notre département et que vous arrêtiez de répondre au coup par coup par un équilibre budgétaire qu’on ne peut pas continuer à faire sur le dos des plus fragiles.

Je vous remercie de vos réponses.

Ce vendredi, le président du Conseil Général a répondu en indiquant que, concernant les infirmières des établissements médico-sociaux, suite a des négociations avec l’ARS, le financement sera repris par l’ARS et le Conseil général financera jusqu’à cette prise en charge.
Pourquoi avoir ému tout le monde par une méthode sans concertation ?
Il faudrait vraiment des rencontres régulières avec les associations qui sont responsables et prêtes a faire des efforts !

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